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Les Prières Oubliées
Prières anonymes des XIVᵉ, XVᵉ et XVIᵉ siècles, adaptées en chansons françaises contemporaines
Personne ne sait qui les a écrites. Entre la fin du XIIIᵉ et le début du XVIᵉ siècle, le livre d'heures est le livre de piété le plus répandu : un recueil de dévotions privées qui rend accessible aux laïcs ce que les prêtres trouvaient dans le bréviaire.
On y suit les heures canoniales, ces temps de prière fixés du matin à la nuit. Dans les marges de ces livres, des copistes ont noté des prières en français — des textes modestes, tenus longtemps pour mineurs, qui disent la vie quotidienne et les attentes de ceux qui les récitaient. Des hommes et des femmes ont prié avec ces mots ; l'histoire n'a pas retenu leurs noms, les mots ont tenu quand même.
Les Prières Oubliées les rendent à la voix : cinq prières anonymes retrouvées dans les manuscrits, adaptées en chansons françaises d'aujourd'hui par Christophe Mouty. Un chemin, de ce que l'on lave à ce qui déborde — à écouter, et bientôt à tenir en main, dans un livre où le manuscrit, le texte ancien et le texte chanté se répondent page à page.
Cinq prières, un chemin
1 · Lave mon cœur — purification
On ne commence pas par demander, on commence par déposer. Cette prière ouvre le chemin comme on se lave les mains avant d'entrer : elle ne réclame rien encore, elle fait de la place. Demander à être lavé avant de parler ou d'entrer est l'un des gestes les plus anciens de la prière chrétienne. Avant de proclamer l'Évangile, le prêtre s'incline et demande à voix basse que son cœur et ses lèvres soient purifiés, en souvenir d'Isaïe dont un charbon ardent avait touché la bouche. Le même mouvement traverse les prières que les laïcs recopiaient dans leurs livres d'heures : on ne commence pas par demander, on commence par faire de la place.
2 · Dis seulement une parole — demande et confiance
Ces mots sont ceux d'un centurion de l'Évangile, un étranger qui n'attend même pas que le Christ entre chez lui : qu'une parole soit dite, cela suffira. L'Église les a repris pour les mettre dans la bouche de tous, juste avant la communion — si bien que la phrase d'un païen est devenue la dernière prière prononcée avant de recevoir. Elle ne demande rien d'autre que ceci : que cela soit dit.
3 · Visite ma demeure — accueil de la présence
Là où le centurion disait « n'entre pas », cette prière dit « viens ». Visiter une demeure, dans la langue médiévale, c'est y venir en hôte et y rester un temps — le mot ne désigne pas un passage mais une présence installée. Les prières du soir recopiées dans les livres d'heures demandaient souvent cette visite pour la maison entière : ceux qui dorment, ceux qui veillent, les murs eux-mêmes.
4 · Mon bon ange — la garde
La dévotion à l'ange gardien se répand largement à la fin du Moyen Âge, portée par une piété devenue plus intime, plus personnelle. On lui confie ce que l'on ne maîtrise plus : la route, la nuit, l'heure de la mort.
C'est la prière que l'on apprend enfant et que l'on redit adulte, sans avoir jamais eu besoin de l'apprendre deux fois.
5 · 5 · Fontaine de miséricorde — le débordement
L'image de la fontaine traverse toute la prière médiévale : une source que l'on ne remplit pas et qui ne tarit pas, dont le propre est de donner plus qu'on ne lui demande. Elle dit ce qu'aucune demande ne peut contenir. Le chemin se referme ici sur son commencement — on avait demandé à être lavé, on reçoit une source.
Rien n'est encore enregistré
Les premières prières seront chantées pour la première fois en public les 13, 14 et 15 novembre 2026, au Week-end des Voix Oubliées, à Bussy-Saint-Georges. L'album et le livre viendront ensuite. Laissez-nous votre adresse : vous serez prévenu à la parution.

Un livre à tenir en main
Les cinq prières deviendront un volume. Non pas un beau livre de table, mais un objet de la taille d'un livre d'heures : tenu en main, gardé sur une table de nuit.
Chaque prière y occupe dix pages — le fac-similé du manuscrit en regard de sa transcription, le texte ancien face au texte chanté, la notice qui dit ce que l'on sait du manuscrit et ce que l'on ignore, et le QR qui mène au chant.
140 × 200 mm · 64 pages · couverture à rabats · dos cousu · signet ·
19 € · parution printemps 2027
Les 30 et 31 janvier 2027, à Bussy-Saint-Georges, le Week-end des Voix Oubliées réunit ce que l'histoire a laissé de côté. Des prières du XIVᵉ siècle y remonteront devant une assemblée, pour la première fois depuis longtemps. Ces chants y seront créés.
Les Éditions du Figuier publient aussi des voix. Chants et contes, écrits et enregistrés pour être écoutés — seul, en famille, en catéchèse. Quatre collections : Les voix de la Bible, où les grandes figures de l'Écriture se font chant ; La flamme de la foi, où les prières les plus familières deviennent contes pour les enfants ; Le livre des siècles, où les hymnes et les antiennes venues du fond des âges se chantent en français ; Terre de louanges, où la louange se dit dans les rythmes du monde.
